Ce mercredi 17 juin, la Direction départementale des sapeurs-pompiers du Pas-de-Calais a mis à l’honneur les employeurs partenaires et les sapeurs-pompiers volontaires distingués dans le cadre des dispositifs « Label Employeur » et « Terroirs Engagés ».
La cérémonie a également mis à l’honneur les sapeurs-pompiers volontaires engagés dans le dispositif « Terroirs Engagés ». Artisans, producteurs, entrepreneurs ou professionnels libéraux. Prev Sécurité 62 fait parti du réseau et fier de cette mise à l avant et cette reconnaissance .
Ils démontrent chaque jour qu’il est possible de conjuguer activité professionnelle, engagement citoyen et attachement à leur territoire. À ce jour, 20 SPV du Pas-de-Calais ont rejoint cette initiative portée par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
Enjeux opérationnels et stratégie de maîtrise du risque
Document de synthèse technique opérationnelle – Version optimisée premium – Avril 2026
AVERTISSEMENT
Ce document est une synthèse technique et opérationnelle. Il ne se substitue pas aux doctrines officielles, aux réglementations applicables, aux consignes constructeurs ou aux ordres du commandement. Il vise à structurer une culture commune du risque lithium-ion.
Rédaction initiale : Bruno Saudemont – Prev Sécurité 62 Relecture technique et contribution : Johan Gavel – 3CJ Ingénierie Optimisation rédactionnelle et structuration opérationnelle : Lieutenant-colonel Yves Olivier Uracz – SDIS 62
Note d’intention
Le risque lithium-ion impose une rupture de posture. Il ne s’agit plus seulement de combattre un feu, mais de maîtriser un phénomène énergétique susceptible de produire chaleur, gaz toxiques, réinflammation, pollution et interruption durable d’activité.
La logique d’intervention doit donc être pensée de bout en bout : prévention, reconnaissance, engagement, refroidissement, isolement, surveillance, décontamination, retour d’expérience et continuité d’activité.
1. Changement de paradigme : du feu visible au risque énergétique
La diffusion massive des batteries lithium-ion dans les véhicules électriques, les EDPM, l’outillage, les équipements nomades et les stockages stationnaires modifie la nature du risque incendie. La batterie n’est pas seulement un objet qui brûle. C’est une réserve d’énergie structurée, compartimentée, parfois inaccessible et susceptible d’entretenir son propre phénomène thermique.
La doctrine opérationnelle doit intégrer ce déplacement : le feu visible n’est que la manifestation extérieure d’un processus interne. Éteindre la flamme ne signifie pas nécessairement neutraliser l’emballement thermique.
MESSAGE DE COMMANDEMENT
Le lithium-ion ne se gère pas comme un feu classique. Il impose une stratégie de maîtrise du phénomène, pas une simple recherche d’extinction immédiate.
2. Phénoménologie du feu de batterie lithium-ion
L’emballement thermique correspond à une réaction en chaîne interne pouvant se propager de cellule en cellule. Selon les configurations, les températures internes peuvent atteindre des niveaux très élevés et produire des jets de flammes, des projections d’électrolyte, des ruptures de modules et des émissions gazeuses dangereuses.
Paramètre
Caractéristiques opérationnelles
Déclenchement
Choc mécanique, surcharge, défaut de fabrication, court-circuit, vieillissement ou charge dégradée. Départ parfois discret.
Emballement thermique
Propagation rapide de cellule en cellule. La montée en puissance peut intervenir en quelques minutes.
Gaz émis
HF, CO, CO2, H2, COV et particules. Risques associés : toxicité, inflammabilité, explosion en volume confiné.
Comportement
Projections, sifflements, crépitements, jets de flammes, ruptures de modules, reprise différée.
Extinction
La maîtrise repose sur refroidissement, limitation de propagation, isolement et surveillance prolongée.
Figure 1 – Coupe simplifiée d’un pack batterie lithium-ion : modules, refroidissement, BMS, câblage HT et évents de sécurité.
3. Doctrine d’engagement : méthode 3R+S
Pour rendre la doctrine mémorisable et exploitable sur intervention, l’approche proposée repose sur quatre verbes : Reconnaître, Refroidir, Retirer/Isoler, Surveiller. Cette séquence ne remplace pas la doctrine locale ; elle offre une grille de lecture tactique.
Information CODIS explicite. ARI selon conditions. Périmètre évolutif.
R2 Refroidir
Engager l’eau en quantité adaptée, au plus près du pack lorsque possible.
L’objectif peut être le refroidissement et la limitation de propagation, non l’extinction immédiate.
R3 Retirer / Isoler
Écarter les enjeux, déplacer si possible, organiser quarantaine.
Ne pas déplacer un système instable. Risque électrique et reprise thermique.
S Surveiller
Maintenir suivi thermique, traçabilité des températures, durée post-intervention.
24 à 72 h peuvent être nécessaires selon configuration et doctrine locale.
4. Moyens d’extinction : choix, limites et arbitrages
Les retours d’expérience montrent que l’eau demeure la référence opérationnelle pour refroidir. Les autres agents ont des apports ciblés, mais doivent être appréciés lucidement. L’erreur serait de confondre efficacité sur les flammes et efficacité sur l’emballement thermique interne.
Méthode
Efficacité observée
Limites opérationnelles
Eau en grande quantité
Refroidissement des cellules, maîtrise de propagation, solution de référence dans la majorité des RETEX.
Durée longue, volumes élevés, effluents contaminés, accessibilité au pack déterminante.
Immersion
Stabilisation thermique par noyage complet dans certains protocoles.
Mouillage, refroidissement de surface, action partielle selon produit et configuration.
Efficacité variable ; absence de consensus universel.
Couvertures anti-feu
Limitation du rayonnement et de la propagation visible.
N’agissent pas sur le cœur du pack ; vigilance sur accumulation de gaz.
CO2 / poudre
Action ponctuelle sur flamme visible ou périphérique.
Efficacité limitée sur emballement thermique ; effet temporaire.
ARBITRAGE TACTIQUE
Le bon moyen n’est pas celui qui fait disparaître la flamme le plus vite. C’est celui qui abaisse durablement la température, protège les enjeux et évite la reprise.
5. Toxicité, effluents et sécurité des intervenants
Le risque lithium-ion est aussi un risque chimique et environnemental. Les émissions potentielles de fluorure d’hydrogène, de monoxyde de carbone, de composés organiques volatils et de particules exigent une discipline stricte de protection respiratoire, de zonage et de décontamination.
Risque
Effet opérationnel
Mesure de maîtrise
HF et gaz toxiques
Exposition respiratoire et cutanée possible, notamment en volume confiné.
ARI selon conditions, limitation durée d’exposition, ventilation maîtrisée.
Risque électrique résiduel
Tensions élevées en courant continu, notamment sur packs véhicule.
Éviter action intrusive non maîtrisée ; respecter données constructeur.
Procédures de rinçage, isolement, traçabilité, gestion des EPI.
POINT DE VIGILANCE
L’absence de flamme ne vaut pas absence de danger. Toxicité, tension résiduelle et reprise thermique peuvent persister après la phase spectaculaire.
6. Essais feu et ordres de grandeur techniques
Les essais cités dans le document source donnent une base d’acculturation. Les valeurs restent des ordres de grandeur : technologie, état de charge, conception du pack, ventilation, confinement et accès au foyer modifient fortement la réponse.
Inflammation possible autour de 150 à 200°C ; jets de flammes de 1 à 2 m selon essais.
Détecter tôt les signaux faibles.
Module 5 à 10 kWh
Propagation en quelques minutes ; surfaces pouvant dépasser 600°C.
Refroidissement précoce et isolement indispensables.
Pack VE ~60 kWh
Embrasement possible en 15 à 25 min ; HRR pouvant atteindre 6 à 8 MW.
Engagement durable, débit, protection des volumes adjacents.
ENSEIGNEMENT ESSAIS
La puissance thermique compte. La durée du phénomène, la toxicité et le risque de reprise comptent autant.
7. RETEX 2020-2025 : signaux faibles et décisions fortes
Les RETEX exploités confirment une tendance : la fenêtre d’action utile est courte. Plus l’identification du risque est tardive, plus la stratégie bascule vers la protection, la limitation de propagation et la surveillance longue.
Figure 4 – Tendances observées par secteur : VE/VHR, EDPM, stockage/recyclage et industrie/logistique.
Prévoir débit, désenfumage, accès pack, rétention et surveillance longue.
Centre de recyclage
Batterie non triée, broyage, propagation rapide, surface importante.
Détection amont, tri, compartimentage et procédure batterie suspecte.
EDPM habitation
Charge nocturne, absence détection, batterie non certifiée.
Prévention grand public : charge surveillée, équipement certifié, DAAF.
8. Parkings souterrains : doctrine de conception et d’intervention
Le parking souterrain est un scénario défavorable : confinement, évacuation complexe, visibilité nulle, forte densité de véhicules, accès au pack difficile, propagation horizontale et traitement des fumées. La conception de l’ouvrage devient une partie de la réponse opérationnelle.
Figure 5 – Périmètre indicatif issu d’un RETEX : zones 5 m, 25 m et 50 m à adapter selon configuration.
Zone
Lecture tactique
0 à 5 m
Danger direct : projections, chaleur, risque électrique. Accès réservé aux intervenants équipés et engagés.
Zone de repli public, évacuation, contrôle des flux, adaptation ventilation.
CONCEPTION À ANTICIPER
Colonnes sèches dimensionnées, désenfumage performant, IRVE accessibles, coupure déportée, rétention des effluents et signalétique claire doivent devenir des standards de maîtrise du risque.
9. EDPM et habitat : risque domestique émergent
Les EDPM déplacent le risque lithium-ion au cœur de l’habitat. La phase de charge nocturne, les batteries reconditionnées ou non certifiées, l’absence de détection incendie et le stockage en pièce de vie constituent un cocktail défavorable.
Ne pas charger un EDPM en sortie ou sur un chemin d’évacuation.
Éviter la charge nocturne non surveillée.
Utiliser un chargeur constructeur ou certifié.
Ne pas utiliser une batterie gonflée, endommagée, chauffante ou odorante.
Installer et maintenir les détecteurs avertisseurs autonomes de fumée.
Informer le public : le risque domestique est encore sous-estimé.
MESSAGE PRÉVENTION
Dans l’habitat, la première ligne de défense n’est pas la lance. C’est le comportement de charge.
10. Centres de tri, recyclage et logistique : maîtrise du scénario majorant
Les centres de tri, les sites de recyclage et les entrepôts logistiques présentent une vulnérabilité forte : batteries dispersées, volumes importants, propagation rapide par effet domino, projections et difficulté de tri préalable. Le scénario majorant doit être contenu à l’îlot, pas subi à l’échelle du bâtiment.
Levier
Objectif opérationnel
Tri amont
Éviter l’introduction de batteries dans des flux non adaptés.
Détection thermique / gaz
Identifier le signal faible avant propagation.
Îlotage
Limiter le sinistre à une cellule fonctionnelle.
Compartimentage REI
Empêcher la propagation horizontale et protéger les structures.
Rétention
Maîtriser les eaux contaminées et préserver l’environnement.
Formation exploitant
Créer les bons réflexes avant l’arrivée des secours.
PRINCIPE LITHIUM-SAFE
Le but n’est pas de rendre impossible tout départ de feu. Le but est d’empêcher qu’un départ de feu localisé devienne une crise industrielle.
11. Vers une classe de feu dédiée : prospective classe L
La notion de classe L, proposée à titre prospectif, vise à qualifier les feux impliquant des dispositifs de stockage d’énergie électrochimique lithium-ion. Elle n’est pas normalisée à ce stade dans les référentiels européens, mais elle présente un intérêt pédagogique et doctrinal évident.
Spécificité
Conséquence attendue
Emballement thermique
Formation dédiée à la cinétique propre aux batteries.
Gaz toxiques
Signalétique, EPI et mesures atmosphériques renforcés.
Réinflammation
Intégration obligatoire de la surveillance post-intervention.
Énergie active
Ne pas traiter la batterie comme un combustible passif.
Effluents
Rétention et traitement intégrés dès la conception.
FORMULATION PROPOSÉE
Feux impliquant des dispositifs de stockage d’énergie électrochimique lithium-ion, caractérisés par un emballement thermique, des émissions de gaz toxiques et un risque de réinflammation.
12. Prévention augmentée et modèle économique du risque
Le risque lithium-ion est aussi un sujet économique. Un sinistre mal maîtrisé génère des coûts directs, indirects, assurantiels, environnementaux, réputationnels et d’exploitation. La prévention constitue donc un investissement stratégique.
Poste
Configuration standard
Configuration adaptée
Dommages véhicules
Extension possible à plusieurs véhicules adjacents.
Dommages localisés.
Bâtiment
Dégradation structurelle et fermeture longue.
Impact limité, reprise plus rapide.
Exploitation
Immobilisation de plusieurs semaines à plusieurs mois.
Indisponibilité réduite.
Effluents
Volumes élevés et traitement coûteux.
Rétention et volumes maîtrisés.
Assurance
Surprime ou contentieux selon situation.
Meilleure maîtrise du risque et de l’image.
LECTURE DIRIGEANT
La prévention lithium-ion n’est pas une ligne de dépense. C’est un dispositif de protection de la valeur, de la continuité d’activité et de l’assurabilité.
13. Fiches réflexes opérationnelles
Fiche 1 – Reconnaître
Qualifier le type d’équipement : VE, VHR, EDPM, batterie portable, stockage stationnaire, entrepôt ou centre de tri.
Prévoir collecte et traitement des eaux contaminées.
Initial / Structuré / Maîtrisé
Formation
Former exploitants et personnels de sécurité.
Initial / Structuré / Maîtrisé
Post-sinistre
Quarantaine, suivi thermique, dépollution, RETEX.
Initial / Structuré / Maîtrisé
OBJECTIF
Permettre à un exploitant, un préventeur, un assureur ou un service de secours de situer rapidement le niveau de maîtrise d’un site exposé au risque lithium-ion.
16. Conclusion générale
Les incendies impliquant des batteries lithium-ion introduisent une complexité nouvelle dans la gestion du risque incendie. Ils associent énergie embarquée, toxicité, tension résiduelle, propagation rapide, difficulté de refroidissement interne, reprises différées et impacts environnementaux.
La réponse doit donc devenir systémique. Elle commence à la conception des ouvrages, se poursuit dans l’exploitation quotidienne, s’exprime dans la doctrine d’intervention et se termine par le RETEX et la continuité d’activité.
MOT DE CLÔTURE
Le véritable enjeu n’est plus d’éteindre un feu. Il est d’empêcher qu’un phénomène énergétique devienne incontrôlable.
Bibliographie indicative
PNRS – Notes opérationnelles relatives aux feux de batteries lithium-ion, 2023-2025.
INERIS – Études et rapports sur le comportement au feu des batteries lithium-ion, 2022.
LCPP – Synthèse des essais incendie sur véhicules électriques, 2024.
GESTES – Travaux et publications sur la sécurité des systèmes énergétiques.
Our fire blankets are made from high-performance, non-combustible technical fibers. They prevent the spread of flames in the event of a fire between internal combustion vehicles, electric vehicles, and lithium batteries in a museum.
The preservation of cultural heritage is essential. Therefore, implementing a risk prevention and asset protection plan is a priority. Through the manufacture of fire and heat-resistant covers and tarpaulins designed to quickly protect paintings, sculptures, and other works of art, we ensure that rescue operations are facilitated.
Protech Sentinel: Bruno Saudemont’s invention to save works of art
First fire blanket designed specifically for Cultural Property Safeguarding Plans (PSBC)
Designer: Bruno Saudemont – Prev Sécurité 62, Saint-Martin-au-Laërt
1. History and Date of Creation: 2016
In 2016, Bruno Saudemont, head of Prev Sécurité 62, observed the lack of suitable fire protection for museums. Together with Atelier Audomarois, he developed the first prototype of a large-format fireproof blanket for works of art.
The project was subsequently industrialized by Apronor under the name Fire Cape, before becoming Protech Sentinel.
2. First official application: Sandelin Museum – SDIS 62
Protech Sentinel was tested and deployed in 2016 for the Sandelin Museum’s fire suppression system in Saint-Omer, in partnership with SDIS 62. Exercises demonstrated its effectiveness in protecting paintings, sculptures, and archives from heat, smoke, and water used for fire suppression in less than 30 seconds.
3.Official recognitions and evidence
Trophée Or Norme AFNOR – Innovation sécurité patrimoine
Retours d’expérience intégrés aux doctrines PSBC
Accompagnement BGE Flandre Création
Articles La Voix du Nord sur l’innovation audomaroise
La multiplication des sinistres ayant affecté le patrimoine culturel français au cours des vingt dernières années — de l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019 aux inondations récurrentes touchant les réserves muséales — a mis en évidence la vulnérabilité structurelle des collections face aux risques majeurs. En réponse à ces constats, le Ministère de la Culture a généralisé l’obligation d’élaboration d’un Plan de Sauvegarde des Biens Culturels (PSBC) pour l’ensemble des Musées de France, des bibliothèques classées et des services d’archives, notamment par la circulaire du 14 décembre 2016. Au-delà de cette exigence réglementaire, le PSBC s’impose désormais comme un véritable outil de gestion de crise, dont l’efficacité repose sur trois piliers indissociables : la formation des équipes, la structuration d’une doctrine d’intervention adaptée et la mise à disposition de moyens matériels de protection appropriés.
“Les informations présentées sont issues de retours d’expérience et d’études techniques. Elles ne se substituent pas aux doctrines officielles des services de secours ni aux réglementations en vigueur.”
Utilisation de la couverture anti-feu pour l’extinction des feux de véhicules thermiques et électriques – Cas de la marque Protech Sentinel
À destination des décideurs
Le problème Les feux de véhicules électriques explosent en nombre. Une batterie en emballement thermique nécessite 10 000 à 30 000L d’eau et 2 à 24h d’intervention. En parking souterrain ou ferry, le risque est la perte totale de l’infrastructure.
La solution : Protech Sentinel Car Fire Blanket Couverture d’extinction 6x8m ou 8x8m, fibre de verre + silicone, résiste à 1200°C. Déploiement à 2 agents en <30 sec.
Gains opérationnels mesurés
Indicateur
Sans couverture
Avec Protech Sentinel
Gain
Eau utilisée VE
12 000L
800L
/15
Fumées toxiques
Enfumage total
Réduction 90%
Visibilité préservée
Durée intervention
2-4h + surveillance 48h
1h active, re-départ contenu
/2 à /4
Dégâts collatéraux
Structure touchée, évacuation
Confinement local
Infrastructure sauvée
Point d’attention critique VE : Le risque de backdraft La couverture étouffe mais n’éteint pas la batterie. Elle crée une « cocotte-minute » de gaz inflammables à 600-800°C. Retirer trop tôt = boule de feu + projections 2-4m. Procédure obligatoire : Maintien 45min à 4h + caméra IR <80°C + inertage eau avant ouverture + ARI.
RETEX SDIS 69 – Mars 2025 – Tesla Model Y parking Lyon Couverture posée en 5min → fumées confinées, température 400°C → 80°C. Retrait à 2h50 après contrôle. Bilan : parking intact, 0 blessé. Sans couverture : évacuation complète + risque effondrement.
ROI & Implémentation
Coût : 1500 à 2500€/unité, réutilisable jusqu’à 30 fois
Coût évité : 1 parking souterrain = plusieurs M€ + fermeture mois
Condition sine qua non : Formation obligatoire au risque backdraft VE.
Conclusion décideur La couverture Protech Sentinel ne remplace pas l’eau, elle change la stratégie : confiner d’abord, éteindre ensuite. Sur VE, elle est le seul moyen de protéger l’infrastructure le temps de gérer la batterie. L’investissement est dérisoire face au risque.
Introduction
Les feux de véhicules représentent un risque majeur pour les usagers, les services de secours et les infrastructures. Avec l’électrification du parc automobile, les méthodes d’extinction classiques atteignent leurs limites. Le phénomène d’emballement thermique des batteries lithium-ion rend l’extinction longue, gourmande en eau et toxique. La couverture anti-feu s’impose comme une solution complémentaire. Ce mémoire analyse son utilisation sur véhicules thermiques et électriques, avec un focus sur la gamme Protech Sentinel.
1. Rappel technique : feux de véhicules thermiques vs électriques
Critère
Véhicule thermique
Véhicule électrique
Combustible principal
Essence, gasoil, plastiques, huiles
Batterie Li-ion, plastiques, intérieur
Température de flamme
800-1000°C
1000-1200°C, pics à 2000°C sur cellule
Phénomène critique
Écoulement de carburant, explosion réservoir
Emballement thermique, re-départ du feu
Moyens classiques
Eau, mousse, poudre ABC
Eau en très grande quantité : 10 000 à 30 000L
Durée d’extinction
10-30 min
1h à 24h avec surveillance
2. Principe de la couverture anti-feu
Une couverture d’extinction agit par étouffement : elle prive le feu d’oxygène et confine les flammes, les fumées et les projections.
Avantages clés :
Rapidité : Déploiement en moins de 30 sec à 2 personnes
Confinement : Limite la chaleur rayonnante et les fumées toxiques
Réutilisable : Jusqu’à 30 utilisations selon état
Sans eau : Idéal parkings souterrains, tunnels, ferries
Anti re-départ : Maintien en place plusieurs heures pour les batteries
3. Focus marque : Protech Sentinel
Protech Sentinel est une société française spécialisée dans la protection incendie. Sa couverture « Sentinel Car Fire Blanket » est conçue pour les feux de véhicules.
Caractéristiques techniques :
Dimensions : 6 x 8 m ou 8 x 8 m
Matériau : Tissu de fibre de verre enduit silicone double face, résiste à 1200°C en pointe
Poids : 25 à 35 kg, livrée en sac de transport
Normes : Testée sur feux réels VE et VT
Réutilisation : Possible si non endommagée
4. Procédure d’usage Protech Sentinel
Sécuriser la zone et appeler le 18/112
Approcher face au vent, équipé d’EPI + ARI
Déployer la couverture à 2 personnes, par les sangles
Recouvrir entièrement le véhicule jusqu’au sol
Laisser en place minimum 20 min pour un VT, 45 min à 4h pour un VE
Pour un VE, arroser ensuite la batterie par le dessous avant retrait
5. Comparatif d’efficacité
Situation
Sans couverture
Avec Protech Sentinel
Feu VT moteur
Propagation 3-5 min, 500-1000L eau
Feu confiné <1 min, 0 à 100L eau
Feu VE batterie
Jet flames, 2-4h + 15 000L eau
Flammes étouffées, fumées -90%, eau /5 à /10
Parking sous-sol
Enfumage total
Confinement local, structure protégée
6. Risque spécifique VE : Embrasement des fumées à l’ouverture
6.1. Mécanisme : La batterie produit sa propre chaleur ET son oxygène. Sous la couverture s’accumulent gaz H2, CO, HF à 600-800°C.
6.2. L’embrasement au retrait : Si retrait trop tôt, l’appel d’air provoque un backdraft : 0-3s mélange inflammable, 3-5s auto-inflammation, boule de feu instantanée.
6.3. Protocole de retrait sécurisé sur VE : La couverture ne doit JAMAIS être retirée sans :
Durée minimale : 45 min à 4h. Contrôle caméra thermique obligatoire.
Température : Batterie stabilisée <80°C. Absence de crépitement.
Ouverture : Inertage eau 10 min sous châssis, soulèvement progressif d’un coin sous le vent, lance prête, EPI + ARI, périmètre 10 m.
Règle d’or : La couverture met le VE « en cocotte-minute ». L’ouvrir trop tôt, c’est libérer brutalement l’énergie.
7. RETEX : Intervention SDIS 69 – Tesla Model Y Mars 2025
Contexte : Feu batterie parking sous-sol Lyon. Déroulement : T+5min couverture posée → fumées confinées. T+2h30 : 70°C. Retrait sécurisé T+2h50. Bilan : 800L eau vs 12 000L estimés. Parking sauvé, 0 blessé. Enseignement : Le respect du temps de pose a évité le backdraft.
8. Limites et précautions d’emploi
Poids 30 kg = 2 intervenants formés obligatoires
Vent fort = efficacité réduite
Haute tension : risque électrique non supprimé
Risque backdraft VE : formation spécifique obligatoire
9. Recommandations d’implémentation
SDIS : Primo-intervenant + formation backdraft obligatoire. Parkings : 1 couverture/50 places + signalétique « Ne pas retirer sans pompiers sur VE ». Ferries : Conforme règles OMI.
Conclusion
La couverture Protech Sentinel change la donne opérationnelle. Sur VT, elle est redoutable. Sur VE, elle confine mais n’éteint pas. Le risque d’embrasement à l’ouverture rend la phase de retrait aussi critique que la pose. L’enjeu 2026-2030 : généraliser l’équipement ET imposer la formation.
Bibliographie
Protech Sentinel. Fiche technique Sentinel Car Fire Blanket, 2024.
DGSCGC. Note GDO Feux de véhicules électriques, 2024.
INRS. Risques batteries lithium-ion – ED 6407, 2023.
SDIS 69. RETEX Feu Tesla Part-Dieu, Mars 2025.
RISE. Fire Suppression Tests on EVs with Fire Blankets, 2022.
5. Données statistiques, études de cas et RETEX 2020-2025
6. Vers une classe de feu « L » lithium-ion : Proposition PNRS
7. Focus stratégiques par domaine à risque
8. Conclusion : de la réaction subie à la maîtrise doctrinale
9. Bibliographie
10. Annexes opérationnelles
1. Introduction : un feu de 4e génération
Les batteries lithium-ion équipent aujourd’hui massivement véhicules, EDPM, outillages, vélos, trottinettes et stockages stationnaires. Leur densité énergétique crée un risque incendie de nouvelle nature : emballement thermique, gaz toxiques HF, projections, ré-inflammation jusqu’à H+72.
Depuis 2020, services de secours, industriels et assureurs font face à une cinétique qui remet en cause les doctrines classiques du feu. La PNRS et plusieurs SDIS travaillent sur la création d’une classe de feu dédiée « L » pour le lithium-ion.
Postulat stratégique : on n’éteint pas un feu de lithium. On maîtrise l’emballement thermique et on empêche la propagation. La réponse n’est plus uniquement capacitaire mais doctrinale. L’objectif : passer d’une posture subie à une maîtrise du risque comme avantage concurrentiel.
2. Phénoménologie du feu de batterie Li-ion
Paramètre
Caractéristiques opérationnelles
Déclenchement
Choc mécanique, surcharge, défaut de fabrication, court-circuit, vieillissement. Départ souvent sans flamme visible. Tout véhicule post-2015 est suspect
Emballement thermique
Réaction en chaîne cellule à cellule. Températures >800°C. Pic de puissance en 2 à 5 min
Gaz émis
HF très toxique, CO, CO₂, H₂, hydrocarbures, particules Co/Ni/Mn. Risque ATEX + toxique. IDLH atteint en 20s dans 1000m³ sans ventilation
Comportement
Projections d’électrolyte enflammé, jets de flammes directionnels, explosion de modules, ré-inflammation jusqu’à H+72. Débris projetés jusqu’à 15m à 350°C
Extinction
Pas d’extinction chimique du processus interne. Objectif : refroidissement à cœur <50°C et confinement
Enjeu clé : L’eau éteint la flamme mais ne stoppe pas la réaction interne. Besoin de refroidissement massif ou d’agents dédiés.
3. Nouveaux enjeux opérationnels pour les services de secours
Enseignements : Le packaging et le BMS retardent mais n’empêchent pas la propagation. L’eau en brouillard pénètre mieux les packs. Percer le pack est dangereux : arc électrique >400V DC. Privilégier le noyage par les évents constructeur.
4.4 Schéma 2 : Coupe d’un pack batterie Li-ion
Conclusion essais : un VE = 5 à 8 VL thermiques en termes d’énergie. La toxicité et la durée changent la donne.
5. Données statistiques, études de cas et RETEX 2020-2025
5.1 Statistiques France/Europe
Secteur
Tendance
Facteurs identifiés
VE/VHR
1 feu / 10 000 VE.an vs 1/1300 pour VT. Mais cinétique plus sévère
Accidents VP, charge en sous-sol
EDPM
+300% interventions SDIS depuis 2021
Charge nocturne domicile, batteries non certifiées
Stockage/Recyclage
Plusieurs feux majeurs/an en centres de tri
Défaut de tri, broyage de batteries
Industrie
Risque majeur entrepôts logistiques
Stockage masse, propagation horizontale rapide
5.2 RETEX détaillés et enseignements opérationnels
RETEX 1 : Feu de VHR en parking souterrain niveau -2, Lyon, mars 2023
Phase
Déroulement
Problèmes rencontrés
Enseignements
T0 à T+5min
Départ feu sous véhicule en charge. Fumée blanche dense
Pas d’identification immédiate Li-ion par l’appelant
Former les exploitants IRVE à la détection
T+8min
Engagement FPT. Reco ARI. Crépitements + jets flamme sous châssis
Accès difficile, chaleur >400°C à 5m. Sprinklers inefficaces
Sprinklers ne percent pas les packs. Il faut 500 L/min mini
T+20min
Propagation à 4 VL adjacents. Visibilité nulle
Extraction impossible. Pas de point d’eau grand débit
Prévoir colonne sèche 100mm + raccords pompiers dans PS >500m²
T+1h à T+8h
Noyage continu 6 lances. Caméra thermique : points à 600°C
45 000 L d’eau utilisés. Eaux pH 2 : présence HF
Obligation de rétention + neutralisation
H+12 à H+72
Surveillance. 2 reprises à H+18 et H+36
Véhicule ne peut être déplacé. Parking immobilisé 5 jours
Zone quarantaine extérieure obligatoire
Enseignements majeurs PS :
1. Doctrine « Laisser brûler sous contrôle » validée en PS si extraction impossible. Privilégier protection des structures.
2. Besoin de herses de noyage : injecter l’eau sous le véhicule sans exposition.
3. Modification CCH : imposer compartimentage 1h tous les 3000m² + détection thermique.
RETEX 2 : Feu de stockage tampon recyclage, Bouches-du-Rhône 2024
• Cause : batterie de trottinette dans benne DIB. Broyage = court-circuit.
• Cinétique : T0 explosion, T+3min 200m², T+15min 5000m². Propagation par projection de cellules.
• Moyens : 120 SP, 8h d’intervention, 2 km de tuyaux.
• Enseignement : les centres de tri sont les nouveaux « dépôts pétroliers ». Obligation de murs REI 120, détection IA sur tapis, bacs d’immersion à poste.
RETEX 3 : Intervention EDPM dans appartement R+4, Paris 2025
• Problème : charge nocturne dans salon, pas de détecteur. Batterie reconditionnée non certifiée.
• Enseignement : risque grand public sous-estimé. Campagne prévention + interdiction charge nocturne sans surveillance.
5.3 Schéma 3 : Périmètre de sécurité en parking souterrain
.
5.4 RETEX opérationnels partagés PNRS
• Engager tard = subir : la fenêtre d’action est <5 min après premières fumées.
• Communiquer : identifier et remonter immédiatement « suspicion Li-ion » au CODIS pour adapter la réponse.
• Former : les agents connaissent mal le risque HF et le danger électrique résiduel.
6. Vers une classe de feu « L » lithium-ion : Proposition PNRS
Pourquoi créer la classe L ?
Les classes A-B-C-D-F ne couvrent pas le phénomène : ce n’est ni un solide A, ni un liquide B, ni un métal D pur. Le lithium-ion est un générateur d’énergie qui s’auto-alimente.
Définition proposée classe L : « Feux impliquant des dispositifs de stockage d’énergie électrochimique lithium-ion, caractérisés par un emballement thermique, dégagement de gaz toxiques et risque de réinflammation. »
Conséquences doctrine :
1. Pictogramme dédié sur extincteurs et signalétique
2. Agents spécifiques : solutions aqueuses à additifs encapsulants, priorité au refroidissement
3. Formation obligatoire : module classe L pour ESI, SSIAP, SP
La classe L n’est pas encore normalisée EN2 mais portée par la France au CEN. Objectif 2027.
7. Focus stratégiques par domaine à risque
7.1 Parkings souterrains et VE
Risque spécifique : confinement fumées, évacuation complexe, effet four, proximité autres véhicules. 1 VE = 6 à 8 véhicules détruits.
Recommandations : Sprinklage ESFR + détection thermographique par place. « Zones sacrifiables » IRVE près des issues avec coupure déportée. Interdire charge en R-2/R-3 sans extraction >10 vol/h.
FCS : 1. Certification CNPP/EN 3-7. 2. Preuves vidéo UTAC. 3. Vendre du service, pas un extincteur.
Annexe C : P&L prévisionnel Lithio-Safe à 3 ans
En k€
A1
A2
A3
CA
450
1800
4200
Dont Services
70
360
1050
Marge brute
54%
52%
55%
EBITDA
-297
56
780
Résultat net
-310
20
580
Trésorerie
190
210
850
Analyse : Intensité capitalistique A1 pour certif. Point mort S2 A2 à 240 clients. Récurrence 25% du CA en A3.
8. Conclusion : de la réaction subie à la maîtrise doctrinale
Le feu de batterie lithium est un feu de 4e génération : énergétique, toxique, réinflammable. Il change la nature de l’intervention et impose un changement de paradigme.
Les 4 axes pour les services et industriels :
1. Anticiper : cartographier les sites à risque : parkings souterrains, IRVE, stockages, recycleurs.
3. Former : reconnaître, se protéger, refroidir, surveiller. Intégrer le risque HF et électrique.
4. Coordonner : avec constructeurs pour accès aux fiches secours, avec gestionnaires pour eaux d’extinction.
Thèse générale : le risque lithium n’est pas une fatalité technique mais un enjeu de doctrine et d’investissement. Pour l’assureur, la prévention paie x20. Pour le SDIS, la doctrine sauve des vies. Pour l’industriel, la norme Lithium-Safe devient un actif. Pour la startup, le marché est une création de norme.
Le lithium-ion nous oblige à passer d’une logique d’extinction à une logique de gestion de crise énergétique. La classe L symbolise ce changement. La stratégie n’est plus de subir le feu, mais de rendre la maîtrise de l’emballement.
9. Bibliographie
PNRS : Notes opérationnelles Feu de batteries Li-ion 2023-2025
INERIS : Rapport d’essais comportement au feu des batteries Li-ion, 2022
LCPP : Synthèse essais feux de véhicules électriques, 2024
GESTES : Groupe d’étude sur la sécurité des technologies énergétiques et systèmes
Un extincteur avec l’étiquette « L » ne va pas vous sauver, désolé.
Du côté des VAE et des trottinettes électriques, on se focalise souvent sur l’autonomie, la vitesse ou le poids. Mais le talon d’Achile, c’est la fiabilité du pack lithium-ion / BMS : un système compact, exposé aux vibrations et parfois à l’humidité voire aux chocs.
Et quand une défaillance dégénère, cela peut déclencher une emballement thermique.
Avec un extincteur, vous allez pouvoir agir sur tout ce qui est autour de la batterie pour limiter la propagation, mais vous allez vous mettre en danger en vous exposant aux gaz qui sont mortels à forte concentration, surtout dans un espace clos (habitation, locaux tertiaires…).
Puisqu’un extincteur ne peut pas arrêter l’emballement thermique, la prévention reste votre meilleur atout.
Et surtout, évitez la charge prolongée : on débranche le chargeur dès que le pack dispose de 100% d’autonomie.
UNE FORMATION EQUIPIER DE PREMIERE INTERVENTION OU UN MODULE COMPLEMENTAIRE DOIT ETRE ENSEIGNE POUR CE TYPE DE FEU DE CLASSE L ,DE TYPE LITHUIM